Le Depor n'était pas mort

Estadio Municipal de Riazor, La Corogne – 07/04/2004 – Quarts de finale
Deportivo
Deportivo
Pandiani 5 Valerón 35 Luque 44 Fran 76
4 - 0
Milan
Milan
Retour d'enfer

"Personne ne croyait vraiment que nous pouvions le faire, surtout face à Milan." Walter Pandiani

2003/04

• Le FC Bayern München battait le RSC Anderlecht 1-0 lors de la dernière journée pour se qualifier aux dépens du vaincu du jour. Il s'agissait de la première d'une série de 12 défaites successives en UEFA Champions League, un record, pour les Belges.

• L'AEK Athens FC terminait sa troisième campagne toujours à la recherche d'une première victoire en phase de groupe. C'est seulement au 22e essai, contre le LOSC Lille Métropole en 2006/07, que les Grecs trouvaient finalement la victoire.

• Pour la première fois, la seconde phase de groupes était remplacée par une phase à élimination directe, comme c'est encore le cas aujourd'hui. Par conséquent, l'équipe victorieuse jouait seulement 13 matches au lieu de 17 précédemment.

Gloire au RC Deportivo La Coruña qui, aidé d'un fantastique public, a fait perdre la tête aux Italiens, pris à la gorge d'entrée.

Après avoir sombré à San Siro en encaissant quatre buts en huit minutes, le Depor ne pouvait quitter la compétition sans laver cet affront, sans montrer à ses socios que les couleurs blanquiazules méritent d'être portées bien haut. La veille, Javier Irureta, l'entraîneur, avait d'ailleurs appelé le Riazor "à marquer le premier pour mettre l'équipe dans le bons sens".

Est-ce le souffle de ce stade au bord de l'Océan ? Est-ce Jacques, le saint patron de l'Espagne ? Toujours est-il qu'Irureta était exaucé après cinq minutes de jeu. Une frappe du gauche de Walter Pandiani, des 18 mètres, trompait Dida. Un scénario similaire à celui du match aller qui, somme toute, ne perturbait pas plus que ça les champions d'Europe. Ces derniers faisaient le dos rond en cette première période, guettant la moindre occasion de contre avec des flèches nommées Andriy Shevchenko, Jon Dahl Tomasson et Kaká.

Le prodige brésilien manquait d'ailleurs d'égaliser mais perdait un face à face avec José Molina sur l'une des rares incursions milanaises dans le camp galicien. Mais la pression était trop forte pour les hommes de Carlo Ancelotti. Dida se trouait sur un centre d'Alberto Luque. Juan Carlos Valerón, lui, ne loupait pas sa tête et doublait la mise. Le "miracle" demandé par Irureta était en train de se produire… Plus qu'un but et Milan, si souverain jusque là, passait à la trappe.

Ce n°3 tant espéré par les 40 000 supporteurs du Riazor, il arrivait même avant la mi-temps. Une fois encore, la défense lombarde n'était pas irréprochable sur cette chevauchée de Luque qui dégainait plus vite que son ombre. Dida ne pouvait rien.

Après les éliminations du Real Madrid CF et de l'Arsenal FC la veille, le grand Milan allait-il chuter à son tour après avoir pris l'avantage à l'aller ? Naturellement, les coéquipiers de Paolo Maldini ne l'entendaient pas de cette oreille. Emmenés par un percutant Cafu, ils prenaient l'initiative en début de seconde période.

Un feu de paille tout au plus. Bien vite, Valerón, le maître à jouer du Depor, remettait le pied sur le ballon. Au moment où Ancelotti faisait entrer Filippo Inzaghi, les "Olé !" commençaient à fuser en provenance des tribunes, à chaque passe réussie par les locaux. Dans ces conditions, le but de Fran ne surprenait plus personne. Le milieu de terrain reprenait un centre venu de la droite et sa frappe contrée par le malheureux Cafu trompait Dida. Milan devait marquer pour obtenir la prolongation.

Il donnait tout dans le dernier quart d'heure. Ce regain de vaillance n'était pas suffisant pour repêcher le champion.

Stars

  • Pandiani

    Puissant attaquant très fort dans les airs, Pandiani faisait le plus souvent penser à un bulldozer plutôt qu'à son surnom "El Rifle". Il passait la plus grande partie de sa carrière en Espagne et arrivait au RC Deportivo La Coruña en 2000 après avoir remporté le titre de champion dans son Uruguay native. Pandiani était le meilleur en Coupes puisqu'il remportait la Coupe d'Espagne avec trois clubs différents et terminait meilleur buteur (11 réalisations) de la Coupe UEFA 2007/08 avec le RCD Espanyol, finaliste. Il n'a été sélectionné que quatre fois cependant.

  • Pirlo

    Probablement le meneur de jeu le plus doué de sa génération, Pirlo a brillé de milles feux dès ses premiers pas avec le Brescia Calcio deux jours après avoir soufflé ses 16 bougies. Excellent lors du triomphe de l'Italie en Coupe du Monde de la FIFA 2006, il a passé dix années à l'AC Milan où il a remporté le Scudetto deux fois et l'UEFA Champions League à deux reprises. Il réalise aujourd'hui une belle fin de carrière à la Juventus. Élégant et superbe passeur, il a permis à l'Italie de se qualifier pour la finale de l'UEFA EURO 2012.

  • Valerón

    Milieu doté d'une excellente technique, d'un bon contrôle de balle et offrant de belles passes, Valerón a toujours été important dans ses différents clubs. Vainqueur du Championnat d'Europe des moins de 21 ans de l'UEFA 1998 avec l'Espagne, il signait son premier contrat professionnel avec l'UD Las Palmas aux Îles Canaries puis représentait le RCD Mallorca et le Club Atlético de Madrid, mais sa carrière prenait son envol après son départ, en 2000, pour le RC Deportivo La Coruña, champion en titre. Malgré ses blessures, il a disputé plus de 400 matches avec le club toutes compétitions confondues.

Que s'est-il passé ensuite ?

• Trois jours plus tard, Andrea Pirlo inscrivait un penalty en fin de match pour offrir à l'AC Milan une victoire 1-0 contre l'Empoli FC, qui permettait aux Milanais de conserver la première place de Serie A. Ils remportaient le Scudetto à deux journées de la fin.

• Le RC Deportivo La Coruña s'inclinait 1-0 sur l'ensemble des deux matches contre le FC Porto en demi-finale. L'équipe de José Mourinho allait battre l'AS Monaco FC 3-0 en finale.

• Le Depor terminait troisième de Liga et retrouvait l'UEFA Champions League mais était sur le déclin et finissait par être relégué en 2010/11 avant de se reprendre immédiatement.

• Le Milan souffrait à nouveau d'un come-back de son adversaire 12 mois plus tard, en finale. Le Liverpool FC, mené 3-0 à la pause, égalisait à 3-3 avant de gagner la séance de tirs au but.

• Sept joueurs titulaires contre le Depor faisaient partie du onze de départ du Milan qui battait Liverpool 2-1 en finale 2007. Filippo Inzaghi, remplaçant contre les Espagnols, marquait deux fois.

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